Yokonoe fait son truc. Et nous on aime ça. Auteur d’un premier essai original qui fait intelligemment référence à quelques grands noms, le quatuor joue ce qu’il a envie de jouer, et de la manière dont il a envie de le jouer. Ils nous en disent un peu plus sur la genèse de ‘Batyscaph’. Tout d'abord, racontez-nous un peu l'histoire du groupe… Benoit : En 2001, Gilles, Duy Quan et moi jouions tous dans d’autres formations fribourgeoises, mais on se rencontrait de temps en temps pour composer des morceaux sans vraie prétention. Duy Quan : Quelques années plus tard, nous avons commencé à vouloir nous produire en live. On a d’abord fait un concert en trio sans batterie, mais c’était quand même un peu mou. On a donc cherché un batteur pour donner un peu plus de pêche aux chansons. Pour ‘Bathyscaph’, tout comme pour votre EP ‘Buzz At Dusk’, l'objet en lui-même est très travaillé. Comment vous définissez-vous une identité visuelle ? Benoit : On aime bien le côté bricolé des visuels. La pochette a été réalisée avec des collages d’images récoltées au fil du temps. Ça colle plutôt bien avec notre musique qui est elle aussi constituée de bric et broc. Duy Quan : Les visuels aident aussi à se plonger dans l’atmosphère de l’album. C’est une bonne mise en jambe, une manière enrichir notre univers. ‘Bathyscaph’, c'est pour permettre à l'auditeur de s'immerger dans votre musique ? Benoît : Il y a dans la mythologie du bathyscaph cette dimension d’exploration, une certaine lenteur due à la profondeur (on affectionne pas mal les tempos lents) et j’aime bien l’anecdote concernant la descente historique dans la fosse des Mariannes (11km de profondeur) : quand ils touchent le fond, là où ils ne pensaient pas qu’il puisse y avoir de la vie, un poisson passe dans le faisceau de leur phare. Frank : C’est aussi avant tout un nom qui nous plaisait car il sonne bien… Vous êtes tous multi-instrumentistes. Comment abordez-vous la composition ? Chacun se ‘cantonne-t-il’ à un seul instrument ? Benoît : C’est pas vraiment réfléchi, ni défini… Les morceaux se créent au feeling et on y ajoute ce dont la compo a besoin. Ce qui nous laisse pas mal de liberté, du fait que chacun maitrise un minimum les instruments à notre disposition. Comment adaptez-vous vos titres sur scène, vu la multitude d'instruments présents sur certains morceaux ? Gilles : On avait fait quelques concerts avec tous ces instruments ‘supplémentaires’ : le sitar, la cithare, la contrebasse etc. On s’est rapidement rendu compte que ça devenait très compliqué à gérer en live. Benoit : Du coup on pallie ce manque par de l’électronique ou des samples sans que cela devienne du playback. FICHE CD Nom de l’album : « Batyscaph » Label : Doigt coupé/Irascible